Feature Creole Poem Translations

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Creole Poem Translations

Transcription and translation courtesy of D. A. Kress, Centenary College of Louisiana

Jalousie 

Allons jaloux, à vous tromper vous-même
Ne cherchez plus, mais veuillez m'écouter :
Vous le savez, mon ami, je vous aime ;
Pourtant de moi vous paraissez douter.
Au noir soupçon dont votre âme est saisie
Quel nom donner ? daignez m'en prévenir ;
Puisque pour vous ce n'est point jalousie,
Quel est celui qui puisse convenir ?...

Au bal ce soir, vous devez me conduire :
Comme je veux être belle à vos yeux,
Sur moi, bientôt, vous allez voir reluire
Cette couleur que vous aimez le mieux.
« Oui, dites vous, ta parure est jolie,
« Mais à ce bal Octave est invité... »
Puisque pour vous ce n’est point jalousie,
Quel nom alors avez-vous inventé ?...

Au Créateur j'offrais mon humble hommage,
Quand, par hasard, au temple j'aperçus,
Près du parvis, votre aimable visage ;
Mes yeux charmés ne vous quittèrent plus.
« Qui donc, hier, regardais-tu Phrasie ? »
M'avez-vous dit, « était-ce mon voisin ? »
Puisque pour vous ce n'est point jalousie,
Quel est le nom qui vous convienne enfin ?...

Armand Lanusse.


Jealousy

Here, here, jealous man, forever seeking wrongs,
Stop, and just listen to me:
You know in your heart, my friend, I love you;
However, you always doubt my fidelity,
And your soul is overwhelmed by dark suspicions.
What name shall we give it? Please tell me,
Since for you this is not jealousy,
What word can possibly describe it?

You are taking me to the ball tonight,
And because I want to sparkle in your eyes,
Soon you will see me adorned
In the colors that you like best of all.
“Yes,” you say, “your outfit becomes you,
But Octave is also invited to the ball.”
Since, for you, this isn’t jealousy,
What name can you invent for it?

And in church, offering my humble prayers to the Lord,
By chance I saw you near the altar,
And your dearly beloved face
Held fast my enchanted and loving gaze.
“Who were you looking at, Phrasie,”
You said to me, “Was it my neighbor?”
Since, for you, this isn’t jealousy,
What, really, would you call it?

 

Le Négrier (Le Pauvre Nègre) 

Ravi naguère aux côtes de Guinée,
Un pauvre nègre, accablé de ses maux,
Disait un jour sa triste destinée,
Et de soupirs accompagnait ces mots :
« Qu’ai-je donc fait au Dieu de la nature,
« Pour qu’il m’impose esclavage et douleur ?
« Ne suis-je pas aussi sa créature ?
« Est-ce forfait que ma noire couleur ? »

« Comme le blanc dont la couleur m’oppresse
« Ne fus-je pas formé pour le bonheur ?
« J’aimais Nelzy ; seule elle eut ma tendresse,
« Et son regard faisait battre mon cœur.
« Heureux époux ! j’allais devenir père,
« Ô cher enfant ! gage de notre amour,
« Existes-tu pour consoler ta mère :
« As-tu péri sans connaître le jour ? »

Deux jours entiers, jetant sa nourriture,
Il haleta sous un ciel embrasé,
Et du matin jusqu’à la nuit obscure
De sa sueur le sol fut arrosé.
Mais au retour de la troisième aurore,
Le fouet en main le maître reparut :
« Lève-toi... — Non, je puis dormir encore,
« Je reste libre », et sur l’heure il mourut.

Attributed to Millevoie

The Slave Ship (The Poor Negro)

Stolen from the Guinean shores,
A poor Negro, beaten down by misfortune, 
Recounted one day his sad fate, 
And his sighs punctuated his words:
“What did I do to the God of all Nature
That caused him to cast me into slavery and pain?
Am I not also part of his creation?
Is my sin my black skin?

Am I not like the white man who oppresses me?
Am I not also created for happiness?
I loved Nezly, she had all my tenderness, 
And her glance made my heart beat true 
A happy husband! I was to become a father, 
Oh dear child, fruit of our love, 
Do you still live to console your mother?
Have you perished without knowing life?”

Two whole days, casting aside his food,
He gasped beneath a flaming sky,
And from earliest morn to darkest night
His sweat watered the burning fields
But when dawned the third day
And the master appeared, a whip in his hand:
“Get up,” he said. “No, I will sleep forever,
I am free,” replied the expiring man